Disparaître

Автор: Olivier Poivre d'Arvor, Patrick Poivre d'Arvor
Издател: Gallimard
ISBN : 978-2070779666
Наличност:
ДА
Цена: 15,00 лв.
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1935, sud de l'Angleterre. Un homme va mourir, victime d'un grave accident de moto. Dans le coma qui le gagne, lui reviennent des souvenirs d'enfance, de manque d'amour, d'exils, de fugues. A-t-il cherché à disparaître ? La lumière qui l'enveloppe durant trois années de sa vie fut glorieuse mais trop aveuglante. Depuis, ce héros malgré lui n'a cessé de fuir. Poursuivi par la presse et les services secrets, rongé par le besoin de s'effacer, de détruire, il n'a jamais vraiment su qui il était, ni même comment il se nommait. Seuls ces déserts d'Orient qu'il a tant aimés sauront l'apaiser. Du moins l'espère-t-il. Son frère va l'y aider, de la plus incroyable façon. Deux femmes, qui rôdent autour de lui comme deux remords, seront là, elles aussi, jusqu'au dernier moment. Au pays des mystères, une légende se construit. Celle d'un solitaire, l'un des plus grands héros des temps modernes.

Olivier et Patrick Poivre d'Arvor ont écrit une dizaine d'ouvrages ensemble. L'aîné est journaliste, le cadet diplomate.

Descriptions du produit

Extrait

J ai raté ma sortie.

Raté. Bel et bien. Je parle encore. Je parle mais personne ce matin ne m'entend plus, pas même toi, Arnold. Accident de moto. Moi le héros nerveux et tourmenté, me voilà presque béat. Inconscient. Ankylosé cervical, abruti neurologique. Raide allongé sur la chaussée en ce rayonnant lundi de mai. Blessé à mort, ou presque, baignant dans mon jus écarlate. J'ai ainsi passé toute ma vie à me manquer.
La semaine commence décidément mal.
Ce silence, dehors ! Et au-dedans de moi, ce bruit de gargouille et de tuyaux. Cordes et nerfs pinces, filaments de cuivre et de salive, crissement de pneus, raclements, râles, et puis rien, un grand vide tout sourd. La mort en son vestibule. Des chats, noirs comme la mauvaise pensée, traversent ma gorge.
Parole déjà fausse. Murée vivante. Prison. Langue asséchée. Mes chers mensonges sonnent enfin creux. Je ne parle plus désormais qu'à moi-même.
Rien à confesser pourtant. Je voulais simplement me taire. Ne plus jamais rien dire. Pas même adieu. Et me revoilà, vivant ! Ne souris pas, Arnold. Tu le sais trop bien, je joue à cache-cache avec la vie. Mais je m'en suis toujours remis. La manière m'a plus intéressé que le but. J'ai souvent regardé l'échec comme l'ultime manifestation de la beauté.
J'ai des yeux bleu clair assez enfoncés dans les orbites, des mèches blondes bien épaisses, un rire un peu nerveux et une voix basse qui se prête aux aveux les plus intimes. Je plais d'ailleurs aux femmes comme aux hommes mais, à quarante-six ans, je n'ai encore jamais fait pour de bon l'expérience de la chair. Quoique né sous le signe du Lion, mon physique est loin d'être impressionnant. Je ne mesure en effet qu'un mètre soixante-huit et je pèse très exactement soixante-trois kilos et cinq cents grammes.
Un hercule de poche.
L'avilissement de ma personne est la fin que je poursuis depuis toujours. Plus on m'adule, plus je me méprise. Cette fin, tant attendue et provoquée ce matin même, tarde un peu trop à venir. Je suis pourtant pressé. Tellement pressé qu'un doute s'est emparé de moi au moment de lancer à pleins gaz ma Brough Superior contre le chêne centenaire : j'ai probablement quitté la maison de Clouds Hill en laissant le phonographe tourner avec la Deuxième Symphonie d'Elgar. Et j'ai peut-être oublié de demander au fils de mon voisin d'abattre ce gros merle tout noir et insolent qui me réveille à l'aube depuis un mois.
Au pied de cet arbre, une nuit, il y a dix ans déjà, j'ai souhaité disparaître.
 

Revue de presse

La vie brève et troublante de Thomas Edward Lawrence (1888-1935), dit Lawrence d'Arabie, est si romanesque par elle-même, et si sublime, qu'on ne s'étonnera pas que personne, à ce jour, n'ait songé à y ajouter quelques gouttes de fiction. A quoi, d'ailleurs, cela aurait-il servi ? Devant ce héros bizarre - qui, par désoeuvrement, fit jaillir plusieurs nations du désert avant de «disparaître» et de troquer sa gloire contre les voluptés de l'anonymat -, on se dit qu'il était bien inutile, a priori, d'augmenter son destin par quelques repeints d'imagination. Or, les frères Poivre d'Arvor - un duo déjà expert en légendes diverses - ne l'entendaient pas ainsi...

L'intrigue ? Elle appartient, bien sûr, à la grande Histoire. Et elle détaille, par flash-back disposés en cascades, l'itinéraire hallucinant du jeune T. E., de son enfance oxonienne à la Mésopotamie, de sa ferveur d'archéologue à sa passion arabe, de son puritanisme à ses mortifications, de la guerre contre les Turcs à son ultime chemin de croix. Car ce n'est pas par hasard que les romanciers se sont postés tout au bout de cette existence de feu puisque c'est là, en effet, que gît le mystère Lawrence : pourquoi ce héros, auquel on proposa la vice-royauté des Indes ou le gouvernement de l'Egypte, préféra-t-il changer de nom (chez lui, c'était même une manie) pour s'engager dans la Royal Air Force à un rang subalterne - après avoir vainement sollicité un poste de gardien de phare ? Quel crime voulait-il expier ?...

Le roman des Poivre d'Arvor permet de circuler parmi ces hypothèses. Il suggère avec délicatesse. Et cerne, par touches, une vérité complexe et plus riche, en tout cas, que celle, trop lisse, trop orchestrée (via la musique de Maurice Jarre) d'un héros qui n'en était pas moins homme...

Le lecteur plus soucieux de politique que de psychologie trouvera également son compte dans ce livre, qui n'omet ni la prise d'Aqaba, ni le rôle du «colonel» entre Allenby, Hussein, Fayçal, et le morcellement de la puissance ottomane... (Jean-Paul Enthoven - Le Point du 24 août 2006 )

Disparaître est le roman d'une légende vraie. Olivier et Patrick Poivre d'Arvor ont préféré souligner les états d'âme du héros plutôt que de raconter ses états de service, pourtant exceptionnels ; ils ont vu les fêlures plutôt que les victoires ; ils ont choisi d'écrire sur les zones d'ombre d'une légende dorée, qui n'a plus qu'un désir : fuir. Pour renforcer le trait, le duo se met dans la peau de son sujet, d'où ces nombreux passages en italique représentant les pensées de Lawrence. Aussi, une fois les dernières pages tournées, le lecteur a-t-il l'impression de mieux comprendre le caractère d'un homme au destin hors du commun. «Tout vient de l'enfance. Voilà donc comment, d'Oxford la puritaine, je me suis enfui vers l'Arabie heureuse», écrit Lawrence dans une lettre-testament laissée à son fils adoptif, comme pour donner la clé du mystère. Et quel mystère. (Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 7 septembre 2006 )
 
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Страници: 336
Размери (cm.): 20.4 x 15.2 x 2.8
Дата на издаване: 0000-00-00
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